Stéphane Audeguy
Rom@
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par : (M.) Dominique Léger le 07/01/2012
Une critique de Rom@ dans Le Magazine Littéraire m'apprend que ce titre baroque cache aussi une subtilité du langage informatique : ROM, soit "Read-Only Memory", mémoire morte disent les spécialistes en français, le cœur inaliénable du disque dur... Comme Rome, nichée au sein de notre carte-mère culturelle !
Rien n'indique dans le livre que Stéphane Audeguy ait voulu jouer avec le jargon informatique !
par : (M.) Dominique Léger le 07/01/2012
Stéphane Audeguy a été l’hôte de la Villa Médicis à Rome et c’est au moment où il parcourait la ville, libéré des contraintes ordinaires, qu’il initiait ce livre. Il aurait pu écrire un essai historique ou bâtir une intrigue romanesque, il a préféré l’originalité – l’un des traits de son talent, en laissant courir son esprit et sa plume au long d’une promenade fantastique et capricieuse dans l’espace et le temps de la ville dite éternelle.
C’est la ville qui prend la parole, narratrice de sa propre histoire ! Sautant d’une ligne à l’autre, d’un paragraphe au suivant, tournant la page, où nous emmène-t-elle ? Qui nous fait-il rencontrer ? Ah, Nitski, vous ne connaissez pas… C’est qu’à son vagabondage, Audeguy associe une intrigue diffuse, imaginée autour du jeu vidéo qui restitue la Rome de Constantin. Nitski le concepteur et deux joueurs virtuoses : Nano jeune Indien extirpé de la misère et Delenda Carthago son concurrent italien… "Roma æterna" ou "Roma delenda est" ? Le romancier est réaliste, appelant à la loi « qui veut que la vie n’est pas autre chose que le temps qu’il nous faut pour mourir. » Il jette un regard pessimiste sur son siècle : n’est-ce pas lui qui va détruire Rome ? Sauf…
Sauf l’amour, "amor" en latin et en quelques autres langues vivantes, "amor" anacyclique de Roma. L’amour de Nano l’Indien et de Silvia la Romaine, elle meurt en donnant naissance à des jumeaux, il les abandonne au Tibre… Refonderont-ils Rome, nouveaux Romus et Remulus ? Roman prodige d’une ville, conte philosophique, récit poétique, méditation fluide et décousue, agaçante ou obscure parfois… Si tous les chemins mènent au Goncourt, Stéphane Audeguy (nommé à l’issue du premier tour) a choisi, lui, un chemin de traverse !
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