Maylis de Kerangal
Tangente vers l'Est

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A bord du Transsibérien, Aliocha, 20 ans, doit être conduit vers sa caserne d'affectation en Sibérie pour faire son service militaire. Alors qu'il tente d'échafauder un plan pour y échapper, il croise Hélène, une Française de 35 ans qui vient tout juste de quitter son amant Anton. Malgré les barrières de la langue, ils vont se comprendre et poursuivre ensemble le voyage. Prix Landerneau 2012.
Editeur :
Verticales-Phase deux
Date de parution :
12 janvier 2012
N° ISBN :
978-2-07-013674-2
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par : jostein le 18/05/2012

Maylis de Kerangal, c'est une originalité et un style délicat. Ses romans traitent, dans un contexte inhabituel, des relations humaines entre des êtres très différents qui se croisent inopinément. Ici, c'est la rencontre dans le transsibérien d'un futur soldat et d'une jeune française.
Aliocha, 20 ans, vient d'être enrôlé dans l'armée et part avec ses futurs camarades vers l'est sibérien. Dans ce train commencent déjà la vulgarité et la violence qui l'attendent à l'armée. Aliocha possède à la fois la fragilité et le romantisme de sa jeunesse et la force d'un futur soldat. L'armée fait peur à ces jeunes gens qui tentent par tous les moyens d'y échapper.
Hélène retourne en France, déçue de son amant russe qui s'intègre si bien dans ce pays qu'il découvre après son exil français.
C'est donc la rencontre de deux êtres pressés de fuir l'est sibérien qui, réunis dans un regard vont tenter de se comprendre sans parler la même langue.
L'auteur nous berce au rythme de ce voyage en train de longues et riches descriptions, tant sur le visage et l'attitude des personnages que sur le paysage. Et sa description du lac Baïkal vous donne vraiment envie d'aller découvrir ce lieu magique.
Le récit est court et pourtant l'auteur parvient à construire une histoire complète qui allie suspense et émotion, une belle rencontre où se mélangent l'étroitesse et l'austérité de ce train avec la grandeur et la beauté des paysages.

juger comme utile

par : Yann Rebecq le 09/05/2012

le style pictural de l'écriture, et le scenarion étrange, le descriptif du paysage et le rythme du train qui l'accompagne, le monde russophone.

juger comme utile

par : gabala le 09/05/2012

Tangente(s) vers l’Est est la rencontre improbable de deux êtres en fuite. Le destin met en présence un jeune soldat russe et une jeune quadra française dans le Transsibérien ; la fuite est le dénominateur commun au conscrit et à l’étrangère ; c’est leur langage à défaut de langue commune.
Maylis de Kerangal décrit à la perfection ce huis clos dans ce train sorte de vaisseau spatial où le danger est permanent dès que la désertion est identifiée ; elle nous embarque comme des voyageurs voyeurs de cette aventure dont on ne sait pas si elle est sentimentale.
Riche de moult détails, son écriture très personnelle engendre une ambiance ambivalente; les descriptions ciselées des sons et des couleurs créent une communion d’action entre le lecteur et les acteurs de cette pièce ; les criailleries mécaniques alternent avec le roulis du train ; les couleurs sépia introduisent des nuances de peinture dans une atmosphère grise et militaire ; le vocabulaire mathématique n’est pas sans rappeler D de Vigan dans No et Moi ;la description de lac Baïkal apporte une note de douceur dans un monde brut et rude
Les pages défilent au rythme des kilomètres et des fuseaux horaires.
Le voyage va se terminer ; manquant de sommeil comme Aliocha et Helene, le lecteur descend dans une sorte d’intemporalité.
Avec magie, l’auteur immerge ses lecteurs dans ce train. Le voyageur est comme surpris de la fin de ce voyage initiatique sans paroles. A chacun d’imaginer la suite et de tangenter son propre champ des possibles. Merci à Maylis de Kerangal de rappeler que l’écriture est source de voyages.

juger comme utile

par : claude21 le 08/05/2012

On peut sans rougir parler d'une belle écriture au service d'une histoire tellement contemporaine et malgré tout ouverte à la fois sur la passé et l'avenir qu'elle se teinte d'universel.
Grandiose !
Déroutés dans cet espace de confinement, ce train-cellule qui traverse la Sibérie et ses étendues infinies, ils redonneront peu à peu sens à leur trajectoire et cette rencontre où il ne se passe apparemment rien s'avérera doublement révélatrice...
je ne fait que relater ce que d'autre on citer merci de ce roman
claude

juger comme utile

par : PIERRE DARRACQ le 03/05/2012

Si "tangente vers l'est" est aussi prenant, c'est que l'écriture de cette auteure est absolument magistrale. Le pouvoir d'évocation de ses mots est immense, immergeant le lecteur dans une réalité tellement tangible que l'on ressent les soubresauts du train, la chaleur de l'eau sortant des samovars, la désespérance des paysages.
Nous sommes passagers de ce transsibérien, enfermés dans une cabine semi luxueuse où va se dérouler une traque infernale. Les deux personnages principaux véhiculent l'ambiguité nécessaire pour que le champ de tous les possibles soit ouverts, rendant chaque geste, chaque tressaillement, chaque regard plus intense. Leur incommunicabilité accentue le caractère instable de leur relation. Le lecteur est pris dans un tourbillon de sentiments intenses.
Arrivés à destination, nous descendons du train vibrants d'émotions.
Dire que ce livre m'a transporté serait un doux euphémisme. Maylis de Kerangal démontre une nouvelle fois qu'elle est une des auteures les plus douées de sa génération, prouvant qu'un livre malgré son nombre de pages réduit peut décrire puissamment, admirablement, un très long voyage.

juger comme utile

par : sophielit le 01/05/2012

Dès les premiers mots, on est embarqués. Cette traversée du continent à bord d’un train mythique, ce sera aussi la nôtre, Maylis de Kerangal en a décidé ainsi. Et l’auteur ne lâchera pas son lecteur avant l’arrivée au point qu’elle aura déterminé comme tel.

L’intrigue est simple et complexe, portée par deux protagonistes charismatiques, habités par les courbes et les accidents qui émaillent leurs trajectoires respectives.

L’écriture de Maylis de Kerangal est tendue comme l’atmosphère qui règne dans le wagon du Transsibérien, à la fois oppressante et pleine d’énergie, nerveuse et porteuse de tant d’espoirs.
Surtout, on voyage avec ses personnages au travers de ce paysage incomparable que Maylis de Kerangal nous donne à voir par la fenêtre du train et lors des arrêts en gares.
« Tangente vers l’est » est un livre fort et percutant, de ceux que l’on porte longtemps en soi.

juger comme utile

par : galirad le 25/04/2012

"Tangente vers l'est" témoigne d'une maîtrise d'écriture époustouflante et me rappelle avec bonheur et respect les livres d'Emmanuel Carrère.
Impossible de passer à côté de ce court roman dont le résultat est un joyau de pensée complexe et infiniment aboutie.
On peut sans rougir parler d'une belle écriture au service d'une histoire tellement contemporaine et malgré tout ouverte à la fois sur la passé et l'avenir qu'elle se teinte d'universel.
Grandiose !

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par : cocotcha le 09/04/2012

Le Transsibérien, les gares, les provodnitsa, le Baïkal… Hélène une française venue en Russie pour suivre Anton, mais Anton redécouvre la joie d’être russe et Hélène part… vers l’est, quelle drôle d’idée ! Des jeunes conscrits appelés pour une destination inconnue et parmi eux Aliocha, qui ne veut pas aller en Sibérie : Il veut vivre, mais comment déserter dans un train où le sergent guette ? Comment se reconnaît-on quand les langues et les cultures sont aussi éloignées ?
Maylis de Kerangal a une écriture très personnelle, une langueur slave avec des longues phrases, elle nous dessine ces personnages avec tendresse ou rudesse, mais nous y sommes.

juger comme utile

par : (M.) Dominique Léger le 11/03/2012

J'ai toujours pensé que la tangente est la figure de réconciliation du géomètre et du poète : une courbe comme un sentier battu et soudain l'échappée vers l'infini, la perspective de briser l'enveloppe des obligations, la transgression hors le cercle étroit des contraintes.
Telle était ma réflexion tandis que je m'abandonnais à la prose haletante du récit de deux destins que lie le hasard d'un voyage dans le Transsibérien. Ils traversent et fuient la Sibérie, mus chacun par leur propre motivation à s'extraire « [de la] zone mutique et sans visage. [Du] trou noir » qu'elle incarne, unis dans la même course à la liberté. La menace rode, psychologique ou policière ; la fuite est une aventure, la tension est à son comble qu'exacerbe une écriture au couteau, brut de fonderie.
Maylis de Kerandal était l'invité en 2010 d'un voyage organisé dans le cadre de l'Année France-Russie, qui a mené des écrivains de Novossibirsk à Vladivostok en empruntant la voie mythique. Cette longue nouvelle est sa "lettre de château", elle atteint sa cible en plein cœur !

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par : Emmanuelle le 04/03/2012

Ce livre est un petit bijou , un court récit sensible, riche en rebondissements, remarquablement écrit et construit avec une grande économie de moyens , et dont il émane une sorte de grâce  naturelle , une justesse de ton qui va droit au coeur.
C'est l'histoire d'une rencontre dans un train sur une ligne mythique, le Transsibérien. Rencontre de deux êtres en fuite qui ne savent pas bien où ils veulent mener leur vie. Lui, un jeune conscrit russe angoissé qui, comme ses compagnons , ne sait pas où on le conduit et redoute les violents bizutages de l'armée. Elle, une étrangère d'une bonne trentaine d'années qui a suivi dans une ville de Sibérie son amant russe rencontré à Paris mais, prise de doute, vient de le quitter en douce.
Déroutés dans cet espace de confinement, ce train-cellule qui traverse la Sibérie et ses étendues infinies, ils redonneront peu à peu sens à leur trajectoire et cette rencontre où il ne se passe apparemment rien s'avérera doublement révélatrice...

http://l-or-des-livres-blog-de-critique-litteraire.over-blog.com/article-tangente-vers-l-est-de-maylis-de-kerangal-98885242.html

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par : silencieuse le 22/02/2012

J'ai eu beaucoup de mal avec les premières pages de "Naissance d'un pont", mais comme je ne renonce pas facilement, j'ai voulu poursuivre et j'ai même réussi à rentrer dans le livre et à m'attacher aux personnages. J'ai finalement conseillé ce roman autour de moi à des personnes hésitantes face au style d'écriture.

J'ai envie de dire qu'il en est presque de même avec "Tangente vers l'Est" ! Tension, poésie et joie ... oui, pourquoi pas ? Mais également, analyse en profondeur de deux personnalités que tout oppose et en toile de fond, l'histoire avec un grand H, cruelle et extravagante, qui oublie nos fragilités et se moque bien de nous !

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par : Saelind le 21/02/2012

Cet écrit est une rencontre. Insolite, brève, agitée. Qui se déroule sur le simple laps de temps d’un voyage en Transsibérien. Entre Aliocha, jeune appelé qui n'est pas préparé au cauchemar de son avenir militaire, et Hélène, qui a compris qu'elle ne s'adapterait pas à la vie de son riche amant russe.
Le livre est un affrontement continuel, où les rôles s'échangent et valsent au fil de l'histoire. Cruauté du sergent, barrière de la lange, chaque seconde est une lutte pour les uns et les autres. On se crispe avec eux, jusqu’au dénouement, comme après de longues minutes restées en apnée.
Ambiance électrique, violence palpable dans l’atmosphère, le tout servi par une écriture froide et aiguisée. On nous décrit une Russie aussi belle par ses paysages que désabusée et cynique par sa population. Dans une perspective où les Occidentaux sont protégés, et qu’ils n’ont pas idée du quotidien des pays slaves. Cela donne une presque sensation qu’à chaque seconde tout risque d’exploser, que tout est compliqué, tout est un combat. Tension tout de même entrecoupée par moments de poésie et de joie, notamment à leur passage devant le lac Baïkal, merveille dans le désert russe.
Court, mais brillant et captivant.

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par : Elie le 13/02/2012

Après la découverte de l'ouest avec " Naissance d'un pont ", le nouveau roman de Maylis de Kerangal " Tangente vers l'est " nous invite à un voyage transsibérien organisé pour des écrivains à l'occasion de l'Année France-Russie en 2010, de Moscou à Vladivostok 9000 km, dans un train mythique ayant un peu perdu de son éclat.
Pour certains, les écrivains, un voyage d'agrément, et pour d'autres, les conscrits de la Russie, une embarcation pour la Sibérie un lieu et une durée inconnus.
Un conscrit Aliocha pas tout à fait un homme encombré d'un corps devenu d'un seul coup trop grand rencontre une étrangère. Au cours du voyage le paysage grandiose infini de la Russie fait face à la détresse de toute une jeunesse enrôlée dans un service militaire synonyme de brutalité et d'oubli dans l'alcool et les cigarettes.
Le trajet est la description de nuits glacées dans l'éternelle Russie, l'évasion est l'espoir du conscrit Aliocha, la vue splendide du lac Baïkal la liberté enfin gagnée.
L'écriture vive et habile de Maylis de Kerangal au fil des voyages avec ses lignes roulées d'humanisme et de naturalisme l'invitera un jour de Vladivostok au Goncourt.

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par : Elie le 13/02/2012

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