Laurent Mauvignier
Des hommes
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Résumé :
par : galirad le 26/01/2012
De Laurent Mauvignier je n'avais lu que l'un de ses premiers livres "Apprendre à finir", pour lequel France Inter l'avait primé en 2001.
Son texte, très poétique, m'avait touché sans que pourtant je ne sois parvenue à en saisir toutes les allusions et les non-dits, il me semble...
Je m'étais toujours promis d'y revenir et lorsqu'une de mes amies m'a prêté "Des Hommes", je n'ai pas fui cette nouvelle rencontre.
Il faut dire que le sujet, sur ces jeunes gens envoyés en Algérie combattre pour une cause qui n'était pas la leur, m'avait interpelé.
En effet mon père y a passé 22 mois et le seul souvenir qu'il nous concède, c'est celui de ce chien qui l'a accompagné tout au long de ces presque deux ans et qu'il a été forcé d'abandonner lors de son retour en France.
Je ne sais pas si son histoire se superpose à celle de ces hommes, mais le livre de Laurent Mauvignier m'aura au poins ouvert un passage -peut-être imaginaire- vers ce temps où il n'était pas encore mon père mais où le devoir militaire lui avait volé l'insouciance de ses 20 ans.
par : waouh le 21/03/2011
Mauvignier a un style certain auquel on accroche ou pas.
Il provoque soit rejet, soit bouleversement et émotion mais, en tout cas, ne laisse pas indifférent.
Personnellement, je fais partie de la seconde catégorie.
J'ai donc été bouleversée par cette histoire d'hommes brisés par ce qu'ils ont vu et vécu pendant les "évènement d'Algérie" mais également par le récit des souffrances infligées par l'armée française aux Algériens.
Une guerre absurde qui a broyé des hommes pour les laisser à jamais marqués et incapables de passer outre ce qu'ils avaient vécu.
Oui, ce n'est pas forcément évident d'entrer dans le récit, surtout que la guerre n'y est abordée que dans une troisième partie. Parce que, comme l'a dit l'auteur, cela n'est pas un livre sur la guerre mais sur des hommes, comme son titre l'indique.
Mais, cela reste écrit avec tant de justesse et sans parti pris, qui aurait été malvenu, selon moi. Et puis, une telle tension s'en dégage que, pour moi, les images apparaissaient au fil de ma lecture.
Alors, Monsieur Mauvignier, un grand merci pour ce magnifique roman.
par : cassepipe le 18/02/2010
Une lectrice trouve le style "pesant et laborieux". Il ne faut pas qu'elle lise les autres livres de Mauvignier; elle n'aime tout simplement pas son style. Et pourtant! Quelle leçon d'écriture et de mise en scène. Du quotidien vers l'Histoire, l'auteur trace les lignes de faille. C'est un monument.
par : jostein le 02/02/2010
J'avais beaucoup aimé un précédent livre de Mauvignier ("Dans la foule") et j'ai retrouvé ici l'émotion et la finesse d'analyse des sentiments des personnages.
par : CHANTAL PINAULT le 04/12/2009
Je n'ai absolument pas aimé ce livre. Quand j'entends d'autres commentaires, j'ai vraiment l'impression que l'on ne parle pas du même livre. J'ai écouté l'auteur à la grande librairie et je suis très déçue. J'ai essayé de persévérer jusqu'au 1/3, mais franchement je n'y ai trouvé aucun intérêt. C'est terriblement monotone, je n'ai pas du tout été sensible à cette litanie. Peut-être que j'attendais plus sur ce thème. Effectivement on se pose des questions sur ces silences lourds, le sujet est épineux. Mais non, le style de Mauvignier n'ajoute rien. C'est vrai qu'il est nécessaire que l'on écrive sur cette période de l'Histoire, mais pas forcément avec un style pesant et laborieux.
par : (M.) Dominique Léger le 21/11/2009
Ceux de 70 sont oubliés, de 14-18 honorés jusqu’au dernier, de 39-45 et d’ Indochine associés à la débâcle, la mémoire de ceux d’Algérie le plus souvent enfouie sous le voile d’une "omerta" collective, honteuse d’une guerre qui ne disait même pas son nom. Laurent Mauvignier enfreint le tabou dans un livre magnifique d’une grande économie de moyens : un épisode familial et villageois quarante ou cinquante ans après, deux cousins anciens d’Algérie, le narrateur Rabut et Bernard déchiré par la vie. L’écriture gratte, racle et écorche, n’épargnant ni un camp : « [Dehors] on entend les jarres jetées à terre qui se fracassent contre le sol. Et des enfants, des bébés qui pleurent. Et des chiens qui aboient. Puis un coup de feu. On sursaute. Des chèvres. Un chien, quelqu’un a abattu un chien. Et on fouille l’adolescent. Puis les autres. Puis quelqu’un tâte la djellaba de la fille ». Ni l’autre camp : « Et comment on peut faire ce qu’avec Bernard on a découvert […] le corps de Fatiha et les parents de Fatiha et le nourrisson, tous morts, morts si, comment… Comment on peut faire ça… ». Au retour, ils se sont tus, on ne les a pas écoutés : « … mais personne dans le bar n’a jamais fait allusion à ça. Il y a les vieux qui jouent à la belote. Il y a la chaleur et la question de savoir s’il y aura assez de fourrage tout l’été ». Et pourtant : « Je voudrais savoir, je ne sais pas. […] – je voudrais savoir si l’on peut commencer à vivre quand on sait que c’est trop tard ».
« Des hommes » n’est pas une histoire d’hommes, c’est l’histoire d’une Histoire qui broie les hommes. Que ce livre est lourd à porter, terriblement lourd et si nécessaire !
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