Laurent Mauvignier
Ce que j'appelle oubli

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Un homme entre dans un supermarché, ouvre une canette de bière et la boit. Les vigiles l'arrêtent. En forme de longue lettre adressée au frère de cet homme, cette fiction est inspirée d'un fait divers survenu à Lyon en 2009.
Editeur :
Minuit
Date de parution :
3 mars 2011
N° ISBN :
978-2-7073-2153-4
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ce qu'ils en ont pensé

par : galirad le 26/01/2012

Laurent Mauvignier a, avec ce titre "Ce que j'appelle oubli", rejoint la quintessence des écrivains que je nomme les intellectuels purs au sens noble du terme. Ce sont ces auteurs, qui à partir d'un fait divers à la trivialité désarmante, parviennent à écrire un texte d'une pureté littéraire parfaite. Sa performance aura été de n'avoir utilisé qu'une seule fois le point pour ponctuer la fin de son récit comme Georges Perec qui proposait à ses lecteurs d'occulter la voyelle "E" dans son roman "La Disparition" ou Philippe Sollers qui abuse des points de suspension en guise de seule ponctuation.

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par : Myriam Linguanotto le 24/01/2012

En une seule phrase, Ce que j'appelle oubli raconte en s'inspirant d'un fait divers, le calvaire d'un homme qui, dans un supermarché de Lyon et pour une canette de bière bue sans la payer, meurt asphyxié sous les coups de quatre vigiles. Une seule phrase à travers laquelle Laurent Mauvignier s'adresse au frère de cet homme, imagine une vie, ses rêves, ses espoirs. Et ce qu'il a pu endurer, sa stupeur, sa souffrance. Laurent Mauvignier interroge aussi les faits, ce qui s'en est dit. En une phrase qui s'emballe comme un coup de poing, sans qu'on puisse s'en détacher, anéanti par la violence et la barbarie.

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par : sophielit le 16/01/2012

J’ai été attirée par le dernier ouvrage de Laurent Mauvignier en raison de sa forme. Un texte, d’une cinquantaine de pages, fait… d’une seule phrase. Avec des virgules, nécessairement, mais pas (ou peu) de points-virgules, de sorte que l’on a le sentiment d’être en présence d’une longue tirade entrecoupée de respirations.
Un exercice de style qui, allié à la dureté du sujet, laisse sans voix.

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par : silencieuse le 28/12/2011

Touchant est un mot faible qui ne dit pas grand chose sauf au moment de l'écouter et de le décortiquer pour en arriver à vous qu'un roman vous "touche". Par ses mots, son contenu, ses personnages, son intrigue, son atmosphère. Vous "touche", c'est à dire vous touche du doigt pour vous sortir de votre torpeur et vous dire "écouter, il y a quelque chose à voir !". Il en est ainsi de "Ce que j'appelle oubli", un texte court qui fait mal et qui résonne longtemps dans votre tête afin de pointer l'essentiel : le prix d'une vie !

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par : sophielit le 08/09/2011

En repoussant les bords du cadre imposé, en démontrant que ce cadre imposé ne l’est finalement pas, Laurent Mauvignier prouve que la littérature n’est définie que par ceux qui la produisent, et que ses limites sont infinies.

Pour le lecteur amateur du genre, c’est une claque.
http://actualitte.com/blog/sophielit/2011/08/14/ce-que-jappelle-oubli-laurent-mauvignier/

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par : korsky le 09/06/2011

Laurent Mauvignier est un véritable grand écrivain qui ne se contente pas de raconter des histoires. Son travail sur la langue et sur l'écriture au service, ici, d'un texte court et puissant est un extraordinaire exercice littéraire et humanitaire. Sans doute l'un des plus grands auteurs contemporains, qui à chaque nouvelle parution surprend et bouleverse. Une lecture nécessaire et salutaire.

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par : Elie le 09/06/2011

Ce livre, " Ce que j'appelle oubli " est à distribuer aux RH des entreprises qui emploient des vigiles ; et à eux, RH, de proposer des formations appropriées à leurs personnels.
Plus d'une fois j'ai pu constater que des formations seraient indispensables dans ce secteur de la distribution, en contact permanent avec une clientèle ou population très diversifiée.

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par : pauldidier le 04/06/2011

Cela tient en un mot: EXTRAORDINAIRE ! Mauvignier signe là le meilleur livre de l'année !

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par : christine de chauvelin le 30/05/2011

C'est un coup de poing magistral ! un doigté du la phrase qui sort des tripes. Le meilleur livre de l'année.

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par : gabala le 15/05/2011

« Ce que j’appelle oubli » est un livre surprenant par son absence de ponctualité à l’exception des points d’interrogation et par son déroulement ; tout se passe comme un monologue ininterrompu de la victime qui revit ses derniers instants de vie à partir du moment où son destin bascule.
C’est le mauvais film de la mort pour une canette volée et bue. L’absurde est bien souligné par la question de savoir combien vaut une vie, une canette ou un pack de bière ? L’horreur, aussi, par le dénombrement du nombre de coups pour faire exploser un homme.
Etonnament courte mais saisissante, cette fiction eut gagné un développement plus long.

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par : Chouchane le 13/05/2011

Pas de point tout au long de ce récit comme pour éviter d'endiguer le flot de la mémoire. Pas de majuscule non plus car rien n'est plus minuscule que la banalité du mal. J'ai lu ce livre le cœur au bord des lèvres tant il est violent. Tout y est dit de la précarité de la vie, de la lâcheté, de l'injustice. Un homme entre dans un supermarché, y boit, dans les rayons, une cannette de bière, se fait ramasser par 4 vigiles qui le tabassent à mort. Le prix de sa vie, une canette de bière. De ce fait divers, Laurent Mauvignier tire une leçon universelle. Il n'en faut pas plus que 62 pages pour dire que "ma mort n'est pas l'événement le plus triste de ma vie, ce qui est triste dans ma vie c'est ce monde avec des vigiles et des gens qui s'ignorent dans des vies mortes comme cette pâleur, cette mort tout le temps, tous les jours,que ça s'arrête enfin, je t'assure,". Un livre poignant raconté par une voix off qui s'adresse au frère de la victime, une voix qui pourrait être la nôtre, celle d'un spectateur attentif et triste.

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par : Christophe CORRE le 07/05/2011

Laurent Mauvignier est né en 1967. Il a reçu le Prix Wepler 2000 et le Prix du Livre Inter 2001 pour "Apprendre à finir" (2000) ainsi que le Prix du roman Fnac 2006 pour "Dans la foule". Site de l'auteur : www.laurent-mauvignier.net

Les agents de sécurité auraient normalement du emmener le voleur à l'écart et le réprimander oralement pour son délit. Mais non ! Ces derniers ont choisi la voie de la violence et l'ont battu à mort. Ils ont profité de leur nombre (quatre contre un) et de la situation (le vol de la cannette) pour se "défouler" sur ce malheureux, souffre-douleur d'un moment.
Laurent Mauvignier emploie des mots justes pour tenter d'expliquer au lecteur les véritables causes de cet acte : "alors que lui était vide de tout ils ont pris son corps pour le remplir et le gaver des défauts dont ils voulaient se débarrasser, eux, comme un sac à remplir de pierres, de gravats, de déchets, et il s'est retrouvé gros et difforme de leurs mensonges […] Un meurtre, ils se sont fait plaisir, voilà, le fond de l'affaire, c'est que c'était de leur jouissance à eux qu'ils étaient coupables et pas de l'injustice de sa mort".

Concernant la forme du récit, je regrette que l'auteur ait choisi d'utiliser une seule et unique phrase interminable composée de virgules car cela entraîne une lourdeur permanente tout le long de la lecture. Heureusement, le texte est très court (60 pages à peine) !

Un bon livre malgré tout à lire au moins deux fois pour bien s'imprégner du texte.

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par : (M.) Dominique Léger le 29/04/2011

Voici un texte (court) conçu pour le “gueuloir”, ce lieu mythique où Flaubert soumettait ses écrits à l’expression orale. Alpagué par quatre vigiles pour avoir bu sur place une canette de bière prise dans les rayons d’un supermarché, un homme jeune meurt sous les coups. Le narrateur s’adresse au frère. Un cri humain, dix mille mots scandés en une seule phrase qui jette à la figure l’absurdité du monde et la fraternité de quelques-uns. J’y ai croisé la veine à fleur de peau de Laurent Mauvignier dont j’ai admiré Dans la Foule et Des Hommes, et le style incandescent de Jérôme Ferrari (Un dieu un animal, Où j’ai laissé mon âme…). Avec ces deux jeunes écrivains et quelques autres, la littérature française a de beaux jours devant elle.

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