Laurent Binet
HHhH

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Deux parachutistes tchécoslovaques sont envoyés à Londres pour assassiner le chef de la Gestapo, Reinhard Heydrich. Une fois leur mission achevée, une folle traque s'ensuit. Prix Goncourt du premier roman 2010, prix des lecteurs du Livre de poche 2011.
Editeur :
Grasset
Date de parution :
13 janvier 2010
N° ISBN :
978-2-246-76001-6
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ce qu'ils en ont pensé

par : moamblard le 01/03/2011

A force d'hésiter entre essai historique et roman type work in progress, Laurent Binet gâche une fin superbe ! Tout ça (les 2/3) pour ça ? Fallait élaguer sérieusement et tenter l'hybridation comme le magnifique "jan Karski" de Yannick Haenel...Bon point pour avoir fait ressurgir cet épisode de la WW2, j'ai effectivement passé du temps à me documenter sur le" boucher blond" l'immonde Heydrich.

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par : sophielit le 25/11/2010

Et que lit Laurent Binet ? Despentes, Vasset, Humbert...

Une interview complète ici :

http://actualitte.com/blog/sophielit/2010/10/02/5-questions-a-laurent-binet-prix-goncourt-du-premier-roman-2010/

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par : jostein le 23/09/2010

HHhH est avant tout une analyse historique. Mais la touche personnelle de Laurent Binet en fait un livre très perspicace.

L'auteur intervient par petites touches dans ce récit afin de recadrer et d'expliciter son rôle d'écrivain. Il explique ses sources, compare avec d'autres oeuvres, s'interdit de romancer et quelquefois semble même être présent au milieu de l'action.

Les références bibliographiques (J Litell, Vladimir Pozner...) et cinématographiques ( Fritz Lang) sont pertinentes et riches.

Sans tomber dans le drame, l'auteur raconte les horreurs de la seconde guerre mondiale, surtout la personnalité de Reinhard Heydrich, chef de la Gestapo puis Protecteur de la Bohême-Moravie.

C'est aussi le récit de l'opération menée par un tchèque et un slovaque sous contrôle de Londres, visant à éliminer Heydrich. Si le récit s'éloigne de son objectif en début de roman, sans toutefois perdre de son intérêt, la fin décrit avec rythme et détails cet attentat puis la recherche frénétique des coupables.

Le style est vraiment très personnel, moderne et l'auteur garde un léger humour malgré l'horreur du sujet.
HHhH est un premier roman très prometteur car Laurent Binet a vraiment un style très personnel et agréable, une grande richesse littéraire et il montre, ici, qu'il sait traiter un thème délicat avec authenticité et originalité.

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par : sophielit le 04/04/2010

HHhH pose la question de ce qu’est un roman. Pour moi, il ne rentre pas dans cette catégorie, clairement pas. Il s’agit là d’un essai, avec un point de vue tranché, sur la façon de retranscrire lorsqu’un romancier veut coller au plus près à la réalité de ce qui fut. La plus grande crainte de Binet est qu’on le prenne en défaut. Cela vire à l’obsession, à la monomanie.

Sans se remettre en question ni se demander ce qu’il est en train de produire, il critique vertement d’autres romanciers : à Alan Burgess, qui a écrit sur le même attentat, il reproche des « erreurs flagrantes », des » épisodes douteux » qu’il le soupçonne d’avoir inventés (notamment la couleur d’une Mercedes, pour laquelle Burgess avait finalement raison, et Binet tort) ; David Chacko, également auteur d’un roman sur le même épisode, est traité de tricheur parce qu’il n’a pas voulu « être esclave de sa documentation ». Jonathan Littell en prend aussi pour son grade, Binet voulant rivaliser avec lui dans la course à la documentation.

Finalement, Binet cite Roland Barthes : « Surtout, ne cherchez pas à être exhaustif ». Un excellent conseil, que lui n’a pas suivi.

Qu’on ne s’y trompe pas : j’ai aimé HHhH. Mais j’ai eu le sentiment d’être dupée, parce qu’on me l’avait vendu comme roman, d’ailleurs il a été primé comme tel, alors que ce n’en est pas un. Ce texte est un formidable essai dont je recommande la lecture à quiconque envisage d’écrit un roman basé sur des faits réels.

Je veux terminer par du positif, alors je citerai ce passage : « Ceux qui sont morts sont morts, et il leur est bien égal qu’on leur rende hommage. Mais c’est pour nous, les vivants, que cela signifie quelque chose. » (page 244). Avec HHhH, Laurent Binet peut être certain d’avoir fait son devoir de mémoire.

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par : stéphanie capiez le 03/03/2010

HHhh est un récit historique entrecoupé d'incessantes interventions de l'auteur.

Vous trouverez des pages d'histoire (sur l'un des pires personnages de la seconde guerre mondiale : REINHARD HEYDRICH. Et la mission de deux militaires tchécoslovaques, chargés de supprimer ce bourreau), ainsi que de très nombreux éléments personnels de l'auteur (ses recherches, ses hésitations, ses considérations d'auteur, sa vie personnelle...).

Il faut d'ailleurs attendre la 81ème page pour enfin avoir droit à quelques lignes sur l'histoire à proprement parlé.

J'ai surnagé dans les réflexions constantes de l'auteur, sur ses documentations, ses films, son implication, son objectif de ne surtout rien romancer... on a vite compris, mais Laurent Binet aime à se répéter, au cas où... Cela a eu pour résultat de noyer littéralement les données historiques dans un narcissisme total dédié au travail de Laurent Binet et à sa personne.

De plus, je ne suis pas trop "calée" dans les détails et les noms de cet épisode historique, et j'ai parfois un peu de mal à suivre. Mes souvenirs sont un peu confus, et Laurent Binet, qui ce voue à cette période corps et âme, ne se met pas à l'échelle du lecteur, peu amateur de documentaires d'Arte, liés à la seconde guerre mondiale.

Ces interruptions constantes noient mon intérêt, coupe le rythme, et l'auteur manque cruellement d'humilité à tant se mettre en avant. Il aurait tout aussi bien pu appeler ce texte "La vie professionnelle de l'écrivain Laurent Binet". Un peu comme son précedent opus, "La vie professionnelle de Laurent B." (journal intime d'un enseignent aux éditions Little Big Man en 2004).

Alors, oui, "HHhH" a obtenu le prix Goncourt du Premier Roman, mais non, décidemment, je n'ai pas du tout accroché...


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par : sophielit le 27/02/2010

Est-ce un roman ? HHhH signifie Himmlers Hrin heiβt Heydrich (le cerveau de Himmler s’appelle Heydrich). Laurent Binet, traducteur d’un recueil de poésie tchèque, professeur, fils de professeur d’histoire, raconte une histoire de l’Histoire, celle d’un attentat à l’aube de la mise en œuvre de la solution finale. Cela se passe à Prague, en 1942. En 257 parties, l’auteur se lance dans une quête de vérité pour laquelle il autorise une certaine liberté à son imagination.
Ce qui est indéniable, la vraie découverte de ce livre, c’est le talent d’écrivain de l’auteur, qui se révèle formidable conteur. Mais conteur de la réalité uniquement : il a tout vérifié, tout vu, tout visité, les évènements sont découpés au scalpel, avec une précision presque scientifique, il n’est pas là pour inventer, d’ailleurs, à quoi cela sert-il, d’inventer ?
On assiste à une alternance du déroulé de l’histoire et des réflexions personnelles - obsessionnelles ? - de l’auteur, qui a effectué son service militaire en Slovaquie et a vécu à Prague.
A nouveau, je pose la question : est-ce un roman ?
Quoi qu’il en soit, le pari était ambitieux, le défi est relevé avec succès, haut la main. Espérons que Laurent Binet vit désormais avec la satisfaction d’être allée au bout de son entêtant sujet…

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par : (M.) Dominique Léger le 02/02/2010

L’Histoire est une source inépuisable d’inspiration littéraire. L’effroyable épisode nazi inspire particulièrement les écrivains ces temps-ci, à chacun de trouver l’angle qui donne du relief à son récit. Laurent Binet a opté pour une réflexion entre réalité et fiction, qui accompagne à chaque pas (260 courts chapitres) la relation de l’opération « Androïde » de préparation et d’exécution de l’assassinat piloté depuis Londres par la Résistance tchèque, de Reinhard Heydrich en mai 42 à Prague. Reinhard Heydrich, bras droit d’Himmler, numéro 2 de la SS, chef des services secrets nazis, planificateur de la Solution finale, gouverneur général de Bohème-Moravie, sur-nommé « le bourreau de Prague, « la bête blonde », « l’homme le plus dangereux du Reich », patron « du petit lieutenant qui fait du si bon travail avec les Juifs [ en Autriche], Adolf Eichmann » : voilà la carte de visite de celui qui aurait pu succéder à Hitler si l’occurence s’en était présentée. L’auteur a enquêté, il hésite entre véracité des faits et souffle de l’imagination (« Quel intérêt y aurait-il à inventer du nazisme ? »), nous fait part à chaque instant de ses doutes et de ses options, manifeste sa (fausse) naïveté, en appelle à Kundera et à Flaubert dont il rapporte : « C’est l’Histoire, je le sais bien, mais si un roman est aussi embêtant qu’un bouquin scientifique… », consulte un ami de fac passionné de la même période (un certain Fabrice… Fabrice Humbert ?).
HHhH est un premier roman remarquable, « scientifique » et alerte, ironique et grave, qui illustre avec intelligence l’impératif de faire sérieux sans trop se prendre au sérieux. C’est une gageure sur un tel sujet. Claude Lanzmann devrait s’en inspirer, qui ne supporte pas le succès du livre de Yannick Haenel sur “Jan Karski” (prix Interallié 2009).

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