Jean-Marie Chevrier
Une lointaine Arcadie

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La femme de Mathieu le quitte, il perd son chien, ferme sa librairie et prend sa retraite... Pour trouver la force de continuer à vivre, Mathieu se réfugie dans une vie d'ermite, sur une éminence isolée aux confins de la Creuse, dans une nature immobile, avec la seule compagnie des bêtes, dont Io, une génisse. Mais voilà qu'un couple de randonneurs fait halte dans sa thébaïde...
Editeur :
Albin Michel
Date de parution :
5 janvier 2011
N° ISBN :
978-2-226-21526-0

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par : Christophe CORRE le 14/09/2011

Ce livre figurait parmi les 6 livres finalistes du prix Orange du Livre 2011. C'est ainsi que je l'ai découvert tout comme son auteur dont l'œuvre est publiée chez Albin Michel.

Le titre fait référence au mythe d’Arcadie, région montagneuse de la Grèce ancienne, terre mythique de la paix et du bonheur. Peut-on se couper de tout et sacrifier ses désirs ? C'est LA question centrale du livre.

L'histoire est simple mais on se laisse porter par l'écriture limpide et envoûtante de J-M. Chevrier.

Io, la vache de Matthieu est attachante et joue un rôle important dans l'histoire.

Les thèmes de la solitude, de la liberté, du temps qui passe, du désir sont des thèmes chers à l'auteur qui maîtrise son sujet.

Bref, "Une lointaine Arcadie" est exactement le genre de roman que j'aime. Je vous recommande donc fortement ce livre. Il serait dommage de passer à côté.

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par : Elie le 21/06/2011

La vache de compagnie Io a tout de même un certain charme ; et je m'étonne que ses dons de déesse n'aient pas obtenu un meilleur résultat à la finale du Prix Orange du Livre.
Solliciter Joseph Rouletabille, grand reporter aux royaumes de ce monde, Sherlock Holmes, le roi des détectives, Hercule Poirot et Miss Marple, le couple de l'intrigue, et le commissaire Montalbano, spécialiste de toutes les mafias, s'impose pour élucider cet aspect qui me paraît suspect.
Peut-être y a-t-il eu quelques rennes, elfes, hobbits, dunedains, aux dons magiques, œuvrant dans un silence de clairière à réduire les pouvoirs de la déesse Io à une rumination de génisse.
Chacun ses références.
Quoi qu'il en soit, la vache, dans ce pays de vache, et malgré toute l'adoration du dieu, fut une nouvelle fois le Prix du sacrifice.

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par : Elie le 09/06/2011

Et j'ai voté, depuis déjà plusieurs jours, pour " Une lointaine Arcadie "

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par : (M.) Dominique Léger le 09/06/2011

Il m’a été difficile de trancher tant j’ai apprécié la qualité d’ensemble de la fiction française livrée de janvier à avril – je m’insurge contre l’idée d’une littérature hexagonale à la baisse, et tant les six finalistes méritent éloges. Tout bien pesé, je vote pour Une lointaine Arcadie. Ce roman m’a enchanté de la première à la dernière ligne, ce n’est pas une métaphore : on s’y glisse aisément, la fin est grandiose, l’intrigue malicieuse, l’éthique très humaine et la prose sensuelle. S’il reçoit le Prix (Une lointaine Arcadie ou Les Heures silencieuses selon mon pronostic), il donnera envie au lecteur de poursuivre la découverte de son auteur, Jean-Marie Chevrier dont la réputation, au vu de ce dernier opus, mérite d'éclore. J’aurais préféré "une" auteur, pour un meilleur équilibre jugé sur les trois premières saisons du Prix ; j’aurais préféré un éditeur plus subtil ou plus modeste… Mais, personne n’est parfait !
Au second tour on élimine, disent les politologues. Il a donc fallu éliminer :
- Les Heures silencieuses, poétique subtil vibrant
- Les Villes assassines, poétique universel homérique
- Un Silence de clairière, premier roman incisif cru moderne
- Ce que j’appelle Oubli de Laurent Mauvignier, un texte incandescent d’un romancier surdoué
- Olivier de Jérôme Garcin, un récit fusionnel d’un écrivain que j’admire (et critique que je respecte), chantre sublime de l’art équestre – ces deux derniers déjà installés au sommet de l’art littéraire.

Un parmi les six, le Prix. Tous les six, à lire, pour l'élévation de l’esprit et l'enthousiasme du cœur !

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par : Chouchane le 06/05/2011

Enfin ! Une minute de silence. Ce livre est un grand roman. Tout est au service d'une histoire héroïque : vivre loin des hommes. Obstinément, pour éviter de sombrer tout à fait et d'en mourir, Matthieu va se construire un univers au fond de la Creuse, avec ses références, ses déceptions, son courage, il va changer le cours de sa vie. Tout y est, une écriture limpide au service d'une belle histoire (et pas l'inverse), de la subtilité dans les émotions, les réflexions sur la vie/les hommes, de la clairvoyance dans les rapports humains, un peu de détresse. Le livre nous dit qu'il n'y a pas de changement sans au préalable de grand naufrage, avec les restes, notre héros construit un monde frustre et ... lumineux.

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par : gabala le 01/05/2011

Est l’histoire très réussie d’une aventure en pleine campagne creusoise. Matthieu perd en peu de temps son épouse, son chien et meilleur ami et son travail de libraire. Il quitte sa solitude parisienne assourdissante pour une solitude choisie avec la nature comme ligne d’horizon.
Le voici nouveau Robinson sur une île avec trois livres, quasiment sans contact humain et la radio une fois par semaine.
Après l’échec de son existence antérieure, son retour aux sources apparaît comme une illusion malgré la connivence animalière et la vie muette de la nature.
La rencontre improbable avec un couple de randonneurs va changer la donne ; le présent va gommer le passé.
Une lointaine Arcadie n’est pas une comparaison supplémentaire entre la vie citadine et la vie à la campagne mais une réflexion douce amère sur la solitude et la reconstruction après des échecs.
L’amour avec ses tentations, ses blessures et ses projets est le bouquet final d’ un livre qui se laisse dévorer avec un plaisir évident.

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par : (M.) Dominique Léger le 20/04/2011

"Dis-moi qui tu lis et je te dirai qui tu es"... Effectivement, j'ai lu dans le passé un ou deux romans d'Irène Frain et je n'ai pas envie de continuer, je laisse à d'autres sa Forêt des 29. A contrario je ne connaissais pas Jean-Marie Chevrier, ni de nom ni de vue ni de lu et c'est un coup de cœur.

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par : Elie le 20/04/2011

Ah Dominique, comme je vous reconnais bien là, moi aussi !
La forêt des 29 va avoir des difficultés à trouver une place dans votre bibliothèque.

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par : (M.) Dominique Léger le 19/04/2011

C’est la grâce de ce roman (lu d’une traite) de saisir le lecteur dès ses premières lignes et de l’emmener loin très loin, hors les sentiers battus jusqu’à une fin d’anthologie. L’argument est simple, pourquoi ne pas reprendre le prière d’insérer : « Matthieu, libraire parisien, quitte tout après que sa femme l’ait quitté. Sa vie, sa librairie et ses repères. Il part au fin fond de la Creuse, loin de la civilisation, n’aspirant qu’à s’immerger dans la nature, avec les bêtes pour seule compagnie. Lorsqu’un couple de randonneurs fait halte chez lui, etc… » Reprendre ce résumé, oui mais à condition de ne pas en attendre un roman écolo. à la mode bobo , ce n’est pas ça et de toute manière ce serait beaucoup plus que ça… Trouvez là un conte philosophique qui dit de l’homme sa fragilité (« Certains se noient, quelques-uns survivent. » ou « Je m’enfonce dans ce pays comme un mammouth dans la tourbe. »), sa force d’esprit – trois livres accompagnent le libraire sur son île déserte : L’Iliade & L’Odyssée dans leur volume Pléiade, Les Géorgiques de Virgile et le roman Malone meurt de Beckett – la confrontation à la nature (formidable réflexion sur le rapport de l’homme à l’animal qu’illustre l’histoire d’amour entre notre héros et sa vache métisse Io), et le désir comme carburant de la vitalité : « Et voilà qu’arrivait cette femme belle et blessée […] qui venait s’échouer sur sa plage et faisait naître en lui un brusque désir. »
Jean-Marie Chevrier déroule une prose élégante et raffinée où s’accrochent en une fête mélancolique de l’esprit, les éclats de son style érudit, sensuel et tendre. Je ne connaissais pas cet écrivain singulier, je retiens son nom pour découvrir tel de ses six romans antérieurs à ce coup de maître.

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par : Thierry COUSTEIX le 23/03/2011

Un vrai coup de coeur !
Je ne connaissais pas cet auteur que j’ai découvert par hasard en lisant sur le net que son histoire se situait dans la Creuse, un département et des paysages que je fréquente depuis mon enfance.
Ce livre aurait pu paraître aux excellentes éditions Gallmeister adepte du “nature writing".
(http://www.gallmeister.fr/accueil)
Ce courant littéraire américain est un melting pot d'hommages à la nature et de récits autobiographiques. En résumé, "ma vie dans les grands espaces".
On pense alors, pêle-mêle, à Henri David Thoreau, Jack London, Jim Harrison et aussitôt à "La route" de Cormac Mc Carthy ou bien au film de Sean Penn "Into the Wild", adapté du roman "Voyage au bout de la solitude", écrit par Jon Krakauer en 1996, et relatant l'histoire réelle de Christopher McCandless.
Très souvent, le "nature writing" revendique le label "Ecologie politique".

Le titre fait référence au mythe d’Arcadie, région montagneuse de la Grèce ancienne, terre mythique de la paix et du bonheur.
Ce roman remémore la lecture du magnifique “Suzanne et le Pacifique” de Giraudoux.
On pense également à Robinson Crusoé... avec la Creuse comme une île ?
Matthieu, libraire à Paris plaque tout car tout lui échappe: son meilleur ami le chien qui meurt, sa femme qui le quitte...
Il se retrouve dans la Creuse dans une maison de famille abandonnée. Sans télévision, sans journaux... avec seulement 3 livres : l’Illiade d’Homère, les Géorgiques de Virgile, et Malone Meurt de Beckett. Il va fabriquer son pain, cultiver son jardin, adopter une vache et faire de rares mais magnifiques rencontres dépeintes avec beaucoup de sensibilité.
L’auteur fait souvent référence aux mythes grecs et à la peinture et l’écriture de Chevrier est très sensuelle, au pinceau... picturale.

Un très très beau roman que je recommande avec enthousiasme !

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