Jérôme Ferrari
Un dieu, un animal
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Résumé :
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par : dieudo le 09/06/2009
ce livre est extraordineur que l'on parle de la mort du debit a la fin , pour nous remettre a l'ordre
par : dieudo le 09/06/2009
DIEU est le createur personne ne peut s'en passer de lui 'ilest l'alfa et l'omega merci
par : Klein le 05/06/2009
Du très bon Jérôme Ferrari, un concentré d'humanité avec toutes les contradictions et les excès qu'induisent cette condition."Humain, trop humain" comme aurait dit notre ami F.Nietzsche.
par : Ghjattanera le 05/06/2009
Alire en urgence
un bloc , une écriture , de la littérature ...identité, et monde économique ...beauté de la forme courte et si présente longtemps apres la lecture Merci Monsieur Ferrari
par : jud le 01/06/2009
rarement le désespoir le plus sombre n'aura eu vertu aussi vitalement énergétique. au-delà de la noirceur du propos dans la lumière d'un regard d'une acuité terrible, l'élan ici vient de la langue, de la voix, de la phrase, de l'écriture, de l'avènement d'un écrivain, un grand, qui parle au (et du) monde droit dans les yeux. le genre de direct au foi et au visage qui vous fait sauter en l'air en tapant des mains plus encore qu'il ne vous met ko. un petit miracle. un grand livre.
par : Philippe Doublon le 01/06/2009
Est-ce une nouvelle mode de structurer un livre sans chapitres, sans paragraphes, en incluant les dialogues dans le récit ? Je sais bien qu’il faut s’attacher beaucoup plus au fond qu’à la forme et que ce type d’histoire se prête plus à cette composition, mais le confort du lecteur ? Heureusement que celui-ci y trouve son compte : un texte vraiment magnifique, quoique éprouvant, une immersion totale dans la psyché du héros grâce à une écriture incomparable. Ce livre vient en seconde place dans mes préférences et je vais donc, de ce pas, voté pour « L’origine de la violence ».
par : Rémi Deriu le 27/05/2009
Toujours surprenant, Jérôme décrit merveilleusement bien la société qui nous entoure. Sa description du village sans âme reflète malheureusement bien la derstification de notre terre d'attache. Le connaissant personnellement, j'espère sincèrement le voir gagner ce prix, car il le mérite.
par : polo le 27/05/2009
Jerôme nous surprend un peu plus à chaque ouvrage.... que du bonheur, vivement le prochain.
par : a musanostra le 21/05/2009
c'est un petit ouvrage remarquable très bien écrit, sollicitant sans cesse le lecteur qui devient parfois un peu le personnage tant est créée l'empathie... Les interrogations sur la vie, le sens à lui donner, même artificiellement...C'est sans doute un de ces livres qu'on lit sans mal mais qui laisse des traces et , on ne sait pourquoi, fait se demander quelle vie on se réserve avec le super boulot qu'on convoite, pourquoi un idéal n'élève pas vraiment l'homme, ce qui reste de "son berceau" et du lien familial, hors la convention et quand l'esprit d'analyse l'emporte...
j'ai aimé ce livre
par : eveclement le 20/05/2009
Je suis d'accord sur de nombreux points avec les commentateurs :
- un livre haletant, virtuose
- la justesse de la mise en regard du monde de l'entreprise et du monde de la guerre
- un "tu" très ambigu (qui parle ? le personnage principale, l'auteur, une divinité ?)
Je voudrais donc ici insister sur un élément non relevé : le monde réel est pris en charge dans ce court roman : l'Irak en guerre après le 11 septembre ; le monde de l'entreprise dans le monde occidental (en France). Une autre réalité, non nommée (comme l'Irak) mais clairement identifiable est la Corse. Le "village natal" de l'ex-mercenaire est un village corse et le regard porté sur l'état de la société dans l'île est extrêmement actuel et pertinent en même temps qu'il travaille une figure importante de l'imaginaire corse, celle de l'aventurier-mercenaire-soldat. C'est pourquoi je trouve que prendre conscience de cette part du livre l'enrichit : ce livre met aussi en scène l'île méditerranéenne qu'est la Corse. Il faut aller lire non seulement les deux autres romans de Ferrari chez Actes Sud ("Balco Atlantico" évoquant notamment les nationalistes corses ; "Dans le secret" où l'on retrouve le village corse comme lieu mortifère) mais ses deux premiers livres aux éditions Albiana ("Aleph Zéro", proche d'un Michel Houellebecq, où vous pourrez trouver une première utilisation de ce "tu" ; "Variétés de la mort", au titre nietzschéen, extrêmement drôle et violent, mettant en coupe réglée la société corse et la prenant comme laboratoire d'humanité).
J'irai voir le blog d'Emmanuelle (l'or des livres) et j'en profite pour donner à ceux qui, comme moi, aiment cet auteur, l'adresse du blog que j'anime sur la littérature corse : http://pourunelitteraturecorse.blogspot.com
(Cliquez sur le nom de Jérôme Ferrari, dans les "libellés").
par : pierre-paul battesti le 19/05/2009
"Avant que l'ivresse ne défigure tes nostalgies, il t'a semblé que"...
découvrez l'histoire et le style de Jérôme FERRARI dans 'Un Dieu un animal' chez Actes Sud
amicalement, Pierre-Paul Battesti
http://www.isulaviva.net
par : aleteya le 17/05/2009
Voilà une lecture qui fait appel à quelque chose d'impalpable, qui sommeille en nous. Là est peut-être le vrai mysticisme du livre. Le fait qu'il nous soit si proche et en même temps si inaccessible parce que trop fort, très "brut", authentique et fort heureusement touchant un domaine qui nous est pour la plupart inconnu en font un chef-d'oeuvre à se procurer instantanément.
par : Léna GARI le 29/04/2009
Ce texte appartient à ceux que l’on lit plusieurs fois afin d’en saisir toute la beauté et toute la portée. C’est un texte magnifique, universel et tellement actuel à la fois, un texte qui durera me semble-t-il, qui ne s’effacera pas dans les limbes de l’oubli comme de nombreuses œuvres littéraires éditées qui ne servent à rien.
Celui dont il est question cherche un sens à donner à sa vie, il s’ennuie dans sa jeunesse étroite et décide donc de s’engager dans l’armée. Par la suite il deviendra mercenaire en Irak et rencontrera l’horreur et l’inanité d’un monde déserté par le Dieu de son enfance. Sa quête de sens aura été vaine, aussi revient-il à son point de départ, son village natal, et cherche à retrouver l’innocence de son enfance, incarnée par ses amours balbutiantes avec Magali. Peut-être cette jeune fille devenue jeune femme pourra-t-elle le sauver…
par : (M.) Dominique Léger le 21/04/2009
Imaginez un bloc serré de 120 000 signes, du granit brut, à prendre ou à laisser, écrit d’un trait, à lire de même, sans rémission. Ne le secouez pas, il est plein de larmes et de deuils. Un cri à la mort, une mélopée lugubre d’une inhumaine tension, venus de plus loin encore que le fonds des âges, de « la glaise primordiale dont Dieu façonne la multitude des êtres et des mondes qu’il tire du néant et renvoie, sans fin, au néant… ».
Beauté fulgurante du texte, qui atteint son extase dans de longs passages où le héros (tutoyé par le narrateur : « tu es parti, le monde ne t’a pas étreint et, quand tu es rentré, il n’y avait plus de chez toi ») et Magali (traitée, elle et tous les autres, à la 3ème personne : « Sous les arches immenses de la fontaine [du village], c’est à jamais le mois d’août, et tu es encore en train d’embrasser Magali… et de remonter ta main le long de sa cuisse »), où « toi et elle » poursuivaient par delà les abîmes un sublime dialogue amoureux, « toi » chair à canons épargné par la mort, dévasté par l’exil dans le monde guerrier des morts-vivants, elle chair à profit, vouée corps et âme à son entreprise (« … force irrésistible qui entraînait tout dans l’extase de son approbation universelle »). C’est que « les hommes ont besoin de quelque chose de plus grand qu’eux pour vivre… C’est une loi aussi éternelle que celle qui administre la course des astres »).
Entendez cette ode funèbre qui « retentit des échos du chant bouleversant que fait entendre une humanité crucifiée sur l’autel de la dépossession ». Le prière d’insèrer même est une prière. Il me semble entendre Dieu prier, qui prie-t-il ? Mes respects Jérôme Ferrari !
par : Séverin Cassan le 20/04/2009
Un Dieu, un animal, un seul bloc. Pas d’espace, pas de relâchement, une histoire dense et puissante. Jérome Ferrari laisse s’échapper sa poésie à travers un récit âpre, écrit – c’est inhabituel mais ici très réussit – à la deuxième personne. Ce « Tu » qui irrigue les lignes, est-ce celui d’une prière mais d’une prière inversée, d’un Dieu vers un homme ordinaire mis face à son destin et à l’Histoire ? Dans ce monologue (ou est-ce le prémisse d’un dialogue ?), on revit le parcours d’un jeune homme projeté dans le chaos de la guerre d’Irak post-9 septembre, qui cherchera à son retour à renouer avec une paix impossible. D’une guerre extérieure devenue guerre intérieure, contre son passé et contre son avenir, surtout lorsque celui-ci se dessine sous les traits d’une société dévouée au culte de la réussite individuelle et de l’apparence. Le style de J.Ferrari est souvent magistral, qui lui permet de nous livrer ce récit violent et compasionnel sans abdiquer sur le terrain de la réflexion, tant sur le manichéisme de ce monde que sur « l’ultra-moderne solitude » que chantait le poète.
par : Emmanuelle le 31/03/2009
Ce n'est pas une histoire d'amour, du moins pas d'amour humain. Ce sont plutôt les histoires parallèles, malgré quelques points de rencontre épisodiques, de deux jeunes héros dépossédés de leur destin, sacrifiés sur l'autel des nouvelles divinités qui se partagent notre monde moderne : l'entreprise et la guerre.
Un récit emblématique d'une certaine jeunesse perdue, soumise à la violente emprise de ces multinationales économiques et guerrières, une jeunesse dépersonnalisée, déshumanisée, incapable de trouver en soi le courage de conduire sa vie, une jeunesse martyre, préférant s'aliéner à une entité supérieure dans un rapport mystique.
( Critique complète sur mon blog L'or des livres :
http://l-or-des-livres-blog-de-critique-litteraire.over-blog.com/article-29629289.html )
par : Zohey le 26/03/2009
Une écriture et un univers très singuliers dans le paysage littéraire français actuel; ce roman me fait penser à mes auteurs américains préférés. Il est à lire ABSOLUMENT.
par : Aurélie Scart le 25/03/2009
Après l’attentat qui a tué son ami, mercenaire comme lui, le jeune homme de l’histoire rentre chez ses parents. Interpellé tout au long du roman à la deuxième personne du singulier par le narrateur, il tente de faire revivre son premier amour adolescent, Magali, pour renouer le fil d’une jeunesse détruite. Le narrateur suit ses réflexions et explique les cheminements qui le mènent au bord du gouffre.
Un long récit, sans pause ni trève, murmuré dans un souffle, qui bascule sans cesse de Magali au jeune homme dont les existences sont écrasées par une force qui les terrasse. Oscillant constamment entre le dieu et l’animal, l’instinct et le social, l’homme semble avoir bien du mal à trouver son équilibre.
par : Yves Mabon le 21/03/2009
Etonnant récit qui s'adresse au jeune homme à la deuxième personne du singulier, qui parle de Magalie à la troisième personne et qui passe de l'un à l'autre très habilement, sans arrêter le cours des mots et sans que le lecteur ne perde le fil. On suit très bien cet homme dans sa quête d'identité et de Dieu. Pas de chapitres, le récit est ininterrompu pendant les 100 pages du livre. Magalie est plus ordinaire, si je puis m'exprimer ainsi, mais n'a pas vécu les horreurs de la guerre dans le désert. Néanmoins, elle est un personnage important qui peut sauver l'ex-mercenaire, elle-même en pleine interrogation sur le sens de sa vie.
Ferrari adopte un style très personnel, tout en retenue, en évocation plutôt qu'en description. Un style poétique qui tranche avec le sujet traité.
Je ne cache pas que je me suis un peu ennuyé sur certaines longueurs, notamment lorsque Jérôme Ferrari évoque le prophète Hussein Ibn Mansûr El-Hallaj et la quête divine du héros. J'ai été tenté de les passer assez vite. Par contre nombre de passages excellents voire vraiment jubilatoires et passionnants sauvent l'ensemble du bouquin qui marquera ses lecteurs, moi en particulier. D'une part par la qualité d'écriture et d'autre part par la qualité des personnages décrits et par leur force.
par : dominique le 26/02/2009
Le narrateur n'a pas de nom,il utilise "tu" pour se raconter et pour dénoncer,en une douloureuse mélopée qui vous embarque en quelques lignes,le monde dévastépar la violence des hommes,l'économique-roi,la solitude inexorable et l'inanité de l'espoir.
"Tu"est un jeune soldat de retour au au pays après avoir vécu l'enfer de la guerre.Il tente d'y retrouver sa vie d'avant et aussi Magali,son amour d'enfance.Mais quelle chimère que de vouloir se baigner deux fois dans le même fleuve!"Tout est là et tout est perdu"Une impalpable et infranchissable distance s'estétablie entre lui et le monde,entre lui et les êtres qu'il a aimés.Il erre,accablé par cet éloignement,étranger à tout,comme dépossédé.Il ne reste des trésors anciens ,portées par les volutes de l'air,translucides et pourtant presque palpables ,que des ombres évanescentes,éclats déternité illuminant un instantle flux du temps qui passe."Laisse l'éternité làloù elle est.Le seul moyen de la préserver est de ne pas s'en approcher"Dans ce renoncement,il admet que l'homme n'a été tiré du néant que pour y être aussitôt rejeté,enfermé dans une solitude sans espoir.Le "personne ne sera épargné" final est sans appel.
Cette mélopée,si déchirante soit-elle,fascine par son rythme incantatoire.on pense un instant à l'étranger de Camus.
par : labearnaise06 le 26/02/2009
Tout est dit dans le début de court roman, dérangeant, qui laisse comme un malaise parce que trop lucide quand il résonne au fond de notre être.
« Bien sûr, les choses tournent mal, pourtant tu serais parti et quand l'étreinte du monde serait devenu trop pressante, tu serais rentré. Mais ça ne s'est pas passé comme ça, car les choses tournent mal à leur manière mystérieuse et cruelle de choses, et font se briser contre elles toutes les illusions de lucidité »
Deux enfants, devenus adolescents dans un village et une complicité d’amours enfantines.
Lui va s'engager tête baissée, dans les pays en guerre, il en revient meurtri.
Elle qui a déjà quitté le village après le divorce de ses parents, entreprend une carrière prometteuse dans une entreprise qui la broie, elle se sent « enfermée dans cette vie si minuscule… aux issues murées ». Et elle sent une lueur d’espoir à relire une lettre qu'il a hâtivement écrite avec des mots : nostalgie du passé ou ouverture vers la vie ? Mais est-ce trop tard ? ou tout simplement impossible ?
Beau texte d’un chant funèbre.
par : Pistill le 22/02/2009
Ce livre empreint de fatalité est un véritable requiem. La mort est présente de la première à la dernière page. Jérôme Ferrari a choisi de tutoyer son personnage principal qui semble en fait n’être que le témoin d’un monde contemporain à la dérive. Son personnage semble être voué à la mort par une trop grande lucidité. Voulant quitter son village natal trop statique, se sentant enfermé, il part en Irak et emmène avec lui son meilleur ami. Il ne comprend pas mais aime l’insouciance et les histoires incroyables de ce dernier qui va pourtant mourir là-bas. En revenant, le jeune homme ne retrouve rien : retrouver sa famille, son identité n’est plus possible, pour lui son village n’est qu’un tombeau. La seule image qui lui reste est celle d’une fille qu’il a aimé adolescent. Celle-ci semble aussi être écoeurée du monde qu’elle côtoie mais il s’agit du monde l’entreprise. Jérôme Ferrari ne dénonce pas ouvertement mais montre à voir les implications des choix économiques : les actes et les relations sont biaisés, l’accélération de l’absurdité face à des valeurs finalement illégitimes, voire inacceptables. Pour continuer à vivre dans ce monde, il faut accepter « toutes les règles, les règles visibles, les règles cachées […] » p.46 et un nouveau mysticisme semble être né et il est possible alors de « trouver sa place dans un monde que [l’on] comprend mais [qu’on] n’a plus besoin d’aimer » p.28.
Ce texte très court redonne une certaine acuité qu’il est toujours nécessaire d’avoir. Il est remarquablement bien écrit et terriblement dévastateur.
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