Amélie Nothomb
Une forme de vie
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par : galirad le 23/01/2012
Quand on sait le nombre d'admirateurs qu'Amélie Nothomb peut déplacer pour venir la rencontrer lorsqu'elle se livre à une séance de dédicaces, je n'ai pas été étonnée qu'elle choisisse comme postulat de départ, pour un de ses romans, la relation qu'elle a pu entretenir avec un de ses admiratuers inconditionnels.
Bien entendu, elle a trouvé un profil de personnage atypique pour jouer le rôle de son partenaire dans cet échange de correspondance. Il devait pouvoir servir ses thèmes de prédilection. C'est un homme, elle aime à parler des hommes et de leurs travers. Il est américain, elle excelle à parfumer ses romans d'une ambiance étrangère. Il est soldat en mission en Irak, toujours l'ambiance étrangère mais en y ajoutant la notion du déraciné, une position souvent inconfortable, et par dessus tout, il est obèse. Et là, en tant qu'anorexique à ce jour contrôlée - il semblerait - elle peut à nouveau décortiquer une autre facette de cette terrible affection mentale.
C'est excellent, son imagination atteint des niveaux prodigieux et sa façon de jouer avec les mots et les idées est détonnant. Serait-elle parvenue au summum de son art ou peut-elle encore aller plus loin ?
"Une forme de vie" est venu détrôner "Le Sabotage amoureux" et "Les Catilinaires" dans mon classement des livres préférés pour cet auteur !
par : cec le 13/01/2012
Je tairai la fin, mais elle est étonnante ! je ne m'y attendais pas, encore bravo Amélie !
par : Boreall le 13/01/2012
J'ai beaucoup aimé ce roman qui m'a rappelé un peu hygiène de l'assassin sur lequel j'avais eue un coup de cœur. Original, "délirant" et je dirais qu'on a le sentiment qu'Amélie cherche à nous montrer son ressenti face aux milliers de fans qui lui écrivent régulièrement.
par : Christophe CORRE le 05/03/2011
Dans ce roman épistolaire, Amélie Nothomb nous parle de la relation qu'elle entretient avec ses lecteurs.
L'auteur reçoit une lettre d'un soldat américain réquisitionné sur le front irakien du nom de Melvin Mapple. J'ai eu du mal à imaginer qu'un militaire lise tous les romans d'Amélie Nothomb et encore moins le fait qu'il décide de lui écrire. En outre, ce dernier est obèse : "A-t-on envie de revoir des gens quand on a grossi de 130 kilos ?"
L'obésité est un thème cher que l'auteur connaît bien. On le retrouve dans "Hygiène de l’assassin", "Les Catilinaires" ou encore "Stupeur et tremblements".
Mapple choisit de grossir, de se goinfrer pour supporter le traumatisme de la guerre et notamment le fait de tuer : "Le lendemain, on doit retourner au combat, [participer] à des horreurs […] on ne s'habitue pas […] Alors on se remet à la bière et à la bouffe".
L'auteur a réussit selon moi un véritable tour de force : "transformer" la graisse de Melvin en grâce. En effet, Melvin Mapple invente dans le surplus graisseux de son corps, Shéhérazade, une amante secrète : "dans ce tas de chair, il y a Shéhérazade qui […] me donne de l'amour".
Amélie Nothomb parle beaucoup d'elle, de la "vraie" A.Nothomb dans ce livre qui est, à mon sens, son meilleur roman. Mais l'histoire du livre n'est-elle pas un prétexte pour faire passer un message auprès de ses (très) nombreux lecteurs. En effet, je pense qu'elle souhaite leur faire prendre conscience de réfléchir aux contenus des lettres qu'ils lui écrivent.
La correspondance entre l'auteur et Mapple est fluide et claire ce qui rend la lecture très agréable.
Pour en savoir davantage sur la genèse du livre et sur l'auteur, je vous conseille de lire l'entretien de François Busnel avec A. Nothomb paru dans le numéro de LIRE de septembre 2010 ainsi que de visionner l'émission "La grande librairie" (cf. archives) du 9 septembre 2010 sur le site Internet de France 5.
par : jostein le 13/09/2010
"Une forme de vie" est avant tout une réflexion sur le métier d'écrivain et sur la création. L'auteur aime jouer avec les mots et toutes les formes d'écriture. Dans ce livre, elle correspond avec un mythomane obèse américain. Elle renoue donc avec son passé d'épistolienne, comme lorsque jeune adolescente, elle écrivait à son grand-père.
Le thème de l'obésité, souvent repris dans les romans d'Amélie Nothomb est un second plan de ce roman. C'est l'aspect choquant du livre, car il en faut un dans chaque roman. L'auteur évoque, ici, avec naturel et franchise, comme à son habitude, ce problème de l'obésité, notamment aux États-Unis et particulièrement dans les troupes américaines basées en Irak (article lu par l'auteur lors d'un voyage aux USA).
Je ne suis pas choquée par les propos de l'auteur sur l'obésité mais plus sur sa façon d'encourager une jeune homme dans sa propre perversité, de le conforter dans sa prise de poids. Toutefois, elle éprouve un profond attachement pour ce jeune homme.
Comme souvent, dans les derniers romans d'Amélie Nothomb, la fin est un peu surprenante et nous laisse dans l'insatisfaction.
Amélie Nothomb a dit lors d'une interview au magasine Lire " Quand un roman est bon, il est toujours trop court". J'ai hâte qu'elle s'engage dans un roman plus étoffé.
J'aime l'univers de cet auteur, je suis toujours impressionnée par son vocabulaire et son imagination. Dans chaque livre, elle me fait découvrir des mots incroyables.
Ici, elle illustre une de ses qualités connues qui est de répondre aux courriers de ses admirateurs. Elle donne ainsi davantage d'espoir et de rêves à ses lecteurs.
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