Éloïse Lièvre
La biche ne se montre pas au chasseur
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par : camille_alivreouvert le 01/04/2012
La biche ne se montre pas au chasseur, premier roman, traite du désir d’enfanter pour la femme, et du questionnement qui découle de la difficulté à concevoir un enfant.
La narratrice, fraîchement mariée, souhaite devenir mère. Seulement les mois passent et malgré les tentatives des jeunes époux, la grossesse se laisse désirer. La jeune femme pour qui jusqu’ici tout avait été facile est en proie à l’incompréhension. L’attente la consume. La voici confrontée à une parcours gynécologique éprouvant, interrogeant la science sur une cause rationnelle, physiologique, qui justifierait le fait de ne pas tomber enceinte. En vain. La jeune femme se penche alors sur son histoire personnelle. Elle explore les territoires de l’enfance et de la puberté, convoquant des souvenirs familiaux ou encore le bestiaire qui a accompagné son éveil à la sexualité, jusqu’à faire émerger un évènement fondateur qui était rangé soigneusement dans l’un des tiroirs de sa mémoire.
L’auteure campe avec justesse l’impatience de la femme face à son désir de maternité, le désarroi et le sentiment d’échec vis-à-vis d’elle-même mais aussi vis-à-vis de la société que suscite le non-accomplissement de son désir. La quête intime qui préside la deuxième partie de l’ouvrage est abordée sous un prisme personnel audacieux, mais toujours avec sensibilité. En filigrane, il y est question du pouvoir du psychisme sur le corps. Le texte est finalement tout en retenue, certains évènements n’étant suggérés qu’à demi-mot. Quant à la plume d’Eloïse Lièvre, elle est délicate et singulière, et certaines phrases emportent le lecteur dans des directions inattendues.
C’est en somme une très belle voix féminine qui livre un récit pudique et peu consensuel.
La biche ne se montre peut-être pas au chasseur, mais elle se dévoile à nous lecteurs ; ne nous en privons pas.
par : PIERRE DARRACQ le 25/03/2012
Le sujet, féminin en diable, ne m'est pas forcément destiné, moi mâle égoïste et père de famille.
La biche du titre est une jeune femme qui veut un enfant, là, tout de suite. Bien sûr, après des années de pilules cela ne marche à la première saillie et l'impatience est grande. Les mois passent et voici la ronde des médecins, des spécialistes, des analyses poussées. Tout est normal, la machine est prête à fonctionner. Mais la fécondation ne se fait point... Et si c'était dans la tête ? Sur un sujet de magazines féminins, Eloïse Lièvre arrive bien à nous faire partager l'attente, l'envie irrépressible de ce bébé, la déception, la froidure des médecins, les salles d'attente sordides et leurs vieux magazines périmés.
Ce livre, dont je n'attendais pas grand chose, est finalement une agréable surprise. Pas totalement maitrisé mais prometteur par l'acuité du regard de l'auteure et par son écriture qui sait si bien décrire le désarroi de toutes ces jeunes femmes face à la non fertilité dans une société qui rêve les femmes à la fois mères et putains.
par : sophielit le 16/03/2012
Dans « La biche ne se montre pas au chasseur », Eloïse Lièvre interroge sur les raisons qui font que lenfant ne vient pas alors que tout, dans le corps, semble le permettre. Elle fouille dans les souvenirs enfouis pour ressortir celui qui, bien caché, parce que bien caché, empêche laccomplissement du désir.
Par le prisme dune trajectoire personnelle, cest une histoire universelle et banale, douloureuse et silencieuse qui se déroule.
Dans un style inimitable, les phrases dEloïse Lièvre sétirent comme de longs rubans dont les morceaux étincellent de reflets changeants. Il y a un monde entier, parfois plusieurs, dans ces plis et ces replis.
Premier roman tout en sincérité et, finalement, en pudeur, « La biche ne se montre pas au chasseur » réussit la prouesse de constituer un texte coulant et très accessible sur un sujet a priori délicat, sinon difficile, et peu présent dans la littérature.
Une découverte doublement prometteuse.
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