William Emmanuel
Livres de chevet :
"Guerre et Paix". C'est l'exemple type du roman total traitant des tiraillements personnels et des grandes épopées historiques. C'est un livre qu'on peut lire ou relire intégralement mais on peut aussi l'ouvrir n'importe où et lire un passage qu'on trouvera intéressant. On peut dire la même chose de "Voyage au bout de la nuit", de Céline, que je relis aussi de temps à autre.
Où lisez vous ?
Je n'ai pas de lieu particulier pour lire. Je peux lire bien calé dans un fauteuil ou debout dans le métro, quitte à oublier de descendre si le livre est prenant.
Livre qui a le plus marqué enfant ?
Michel Strogoff. C'est un récit d'aventure qu'on ne peut pas oublier. C'est une sorte de parcours initiatique dans les steppes.
Personnage ou héros ?
Cyrano de Bergerac. Un personnage fascinant qui se dévoue pour un autre. Un altruiste qui a, en outre, cette phrase magnifique: "Ne pas monter bien haut peut-être mais seul".
William Emmanuel : l’interview
William Emmanuel, essayiste et membre du jury répond à nos questions lors de la conférence de presse du lancement du Prix Orange du Livre.Quel rapport voyez-vous entre le numérique et le livre ?
Pour moi il n’y a pas d’opposition entre le numérique et le livre. Le numérique peut aider le livre à se développer et à toucher un nombre important de personnes. Le numérique doit être utilisé pour favoriser la diffusion du livre.
Comment concevez-vous votre rôle au sein du jury du Prix Orange du Livre ?
C’est un rôle très modeste car je suis à côté d’écrivains très connus, très réputés et qui ont rencontré un succès populaire. Mon rôle est d’essayer de faire découvrir des livres et auteurs dont les médias traditionnels ne parlent pas nécessairement et de faire apparaître dans la lumière des écrivains qui sont plutôt dans l’ombre.
Pourquoi un prix littéraire des internautes ?
C’est très important qu’un Groupe comme Orange s’implique dans ce genre de prix car Orange compte des millions d’utilisateurs dans le monde. Orange, entreprise numérique, qui décide d’axer une partie de sa stratégie pour faire connaître le livre ne peut être que bénéfique pour toute la chaîne du livre.
Biographie
Quel rapport avec la littérature ? Pour devenir journaliste, il faut aimer les livres. Même si un journaliste n'est pas forcément un écrivain, il doit utiliser correctement les mots pour faire comprendre une situation. J'ai eu très tôt une grande admiration pour Joseph Kessel et Albert Londres, dont les récits permettent de mieux comprendre des mondes vers lesquels nous n'irions pas spontanément. Voir par exemple "Le jeu du roi" de Kessel sur l'Afghanistan. Ensuite vinrent Ernest Hemingway et Truman Capote. Le plaisir de la lecture étant infini, on dévore rapidement tout ce que l'on trouve, quel que soit le genre : récit, roman, poésie, Les auteurs classiques comme les contemporains qui disent quelque chose de pertinent sur notre monde. Citons V.S. Naipaul, Gabriel Garcia Marquez et Paul Auster parmi les auteurs vivants. J'ai une certaine prédilection pour les écrivains étrangers car ils me font découvrir des mondes a priori fort éloignés du mien. Je dis a priori car nous savons bien que ce qui nous rassemble est plus important que ce qui nous différencie.
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